Oui, il y a des requins en République dominicaine, 19 espèces, mais les plages de Punta Cana et de Bayahibe sont protégées par des récifs qui tiennent les plus grands à l'écart. Le requin nourrice est de loin le plus commun et l'espèce que les amateurs de snorkeling rencontrent ; les requins de récif des Caraïbes patrouillent le long des tombants extérieurs, les requins à pointes noires et les requins citrons utilisent les hauts-fonds et les mangroves, les requins bouledogues vivent près des embouchures des rivières, et les requins-tigres, soyeux et marteaux restent en eaux profondes au large.
Le bilan de sécurité est court. La base de données de SharkSider recense sept incidents entre 1963 et 2016, dont deux mortels : deux baigneurs emportés par le courant au port de Haina en 1963 et un plongeur à Boca Chica en 2010. Deux autres entrées sont des catastrophes maritimes, l'incendie du ferry de 1987 dans le passage de la Mona et le crash de Birgenair de 1996 au large de Puerto Plata, où des requins ont atteint des personnes déjà dans l'eau. Le cas le plus récent est une blessure à la jambe subie par une femme qui pataugeait à Bávaro Beach en 2016.
- Espèces de requins recensées19 avec des registres solides
- ProtectionCapture des requins et des raies interdite depuis 2017 ; parcs marins depuis 1975
- Le plus observé depuis la plageRequin nourrice
- Rencontre emblématiqueRequins nourrices et de récif à Bayahibe et à l'île Catalina
- Incidents recensés7 (1963–2016), 2 mortels ; dernier cas en 2016
- Température de l'eau26–27 °C en hiver, 28–29 °C en fin d'été

Sur cette page
- Où vivent les requins dans les eaux dominicaines
- Liste des différents types de requins de la République dominicaine
- Où voir des requins en République dominicaine
- Meilleure période pour voir des requins en République dominicaine
- Attaques de requins en République dominicaine : ce que montre réellement le registre
- Est-il sûr de nager et de faire du snorkeling en République dominicaine ?
- Conservation des requins en République dominicaine
- Requins dans les eaux voisines
- Questions fréquentes
- Sources
Où vivent les requins dans les eaux dominicaines
Hispaniola est une grande île montagneuse au plateau étroit, ce qui détermine la répartition de ses requins. Le long de la côte sud, un récif frangeant s'étend de Saint-Domingue vers l'est, passant par La Romana et Bayahibe jusqu'à Punta Cana, le plateau chutant à plusieurs centaines de mètres à un ou deux kilomètres de la plage. À l'intérieur du récif, l'eau est peu profonde, chaude et sableuse : le territoire du requin nourrice et des jeunes requins à pointes noires ; à l'extérieur, le tombant appartient aux requins de récif des Caraïbes, et l'eau bleue au-delà aux requins soyeux, aux requins-taupes bleus et, occasionnellement, à un requin-tigre. Les plages de Punta Cana et de Bávaro sont protégées par l'une des lignes de récif continues les plus longues du pays, ce qui explique pourquoi les grands requins apparaissent si rarement dans la zone de baignade.
La côte nord, atlantique, est plus agitée. La péninsule de Samaná s'avance dans des eaux qui plongent directement vers les profondeurs, et au-delà se trouvent le banc d'Argent et le banc de la Navidad, deux bancs coralliens peu profonds en pleine mer où la plupart des baleines à bosse de l'Atlantique Nord viennent se reproduire chaque hiver. Les requins soyeux, les requins-tigres et les requins océaniques sont les animaux de ces bancs et du passage de la Mona, le détroit de 130 km entre la République dominicaine et Porto Rico, l'un des chenaux les plus profonds et les plus agités des Caraïbes. Les deux catastrophes maritimes de la base de données se sont produites dans cette étendue de haute mer.
Le troisième habitat est celui que les touristes ne voient jamais : les embouchures des rivières et les lagunes de mangrove. Les rivières Haina, Ozama, Yaque del Norte et Yuna se jettent dans la mer, et les mangroves de Monte Cristi, la baie de Samaná et les lagunes de Saona sont les endroits où les requins bouledogues s'aventurent en eau saumâtre et où les requins citrons, à pointes noires et à tête plate déposent leurs petits. Les pêcheurs dominicains connaissent ces animaux depuis toujours : les plus petits arrivent sur les marchés sous le nom de cazón, le requin bouledogue reste le tiburón toro des criées, et le requin nourrice est le tiburón gata de toujours.
Liste des différents types de requins de la République dominicaine
Chaque requin du tableau dispose d'un registre dominicain solide, établi à partir des débarquements de pêche, de la recherche et des observations des centres de plongée sur les deux côtes. Les tailles sont des longueurs d'adultes ordinaires, et non celles du plus grand spécimen jamais capturé, et la colonne risque est évaluée pour un baigneur ou un plongeur en apnée sur une plage dominicaine, pas pour un plongeur parti chercher l'espèce sur un tombant extérieur ou un banc au large. Une précision utile : le “requin de récif” des briefings de plongée dominicains est le requin de récif des Caraïbes (Carcharhinus perezi), et non le requin de récif à pointes noires de l'Indo-Pacifique, absent de l'Atlantique.
| Espèce | Taille adulte | Risque pour les baigneurs | Où en la République dominicaine et remarques |
|---|---|---|---|
Requin-nourriceGinglymostoma cirratum![]() | 2.2–3 m (7–10 ft) | Faible | Tous les récifs des deux côtes : Bayahibe, Punta Cana, Catalina, SosúaLe tiburón gata, le requin que les amateurs de snorkeling rencontrent réellement. Animal de fond docile ; ne mord que s'il est saisi ou nourri. |
Requin de récif des CaraïbesCarcharhinus perezi![]() | 2–2.5 m (7–8 ft) | Modéré | Tombants extérieurs des récifs : Catalina, Cabo Cabrón, JaraguaLe requin de récif emblématique de la région, prudent et généralement observé à distance sur le tombant. |
Requin à pointes noiresCarcharhinus limbatus![]() | 1.5–2.5 m (5–8 ft) | Modéré | Eaux côtières peu profondes, zones de déferlement et baies ; juvéniles dans les mangroves de Monte CristiChasseur de poissons rapide et bondissant. Responsable de morsures mineures sur des personnes en train de patauger ailleurs dans l'Atlantique ; nerveux face aux humains. |
Requin-bouledogueCarcharhinus leucas![]() | 2.2–3.2 m (7–10 ft) | Élevé | Embouchures des rivières (Haina, Ozama, Yaque del Norte), baie de Samaná, lagunes de mangroveLe tiburón toro, à l'aise en eau saumâtre. L'espèce la plus probablement responsable du cas de Haina en 1963. |
Requin-tigreGaleocerdo cuvier![]() | 3–4.5 m (10–15 ft) | Élevé | Bords profonds du récif, banc d'Argent, passage de la MonaRarement à l'intérieur des récifs. Observé par les liveaboards sur le banc d'Argent et par les palangriers au large. |
Requin citronNegaprion brevirostris![]() | 2.4–3 m (8–10 ft) | Faible | Mangroves et lagunes sableuses : Monte Cristi, Saona, JaraguaBrun jaunâtre, lent et facile à repérer dans une eau à hauteur de genou. Les juvéniles passent des années dans les nurseries de mangrove. |
Grand requin-marteauSphyrna mokarran![]() | 3.5–4.5 m (11–15 ft) | Modéré | Bords profonds du récif et bancs ; peu communChasse les raies au-dessus du sable. En danger critique ; une observation rare pour les plongeurs au large de Samaná et du sud-ouest. |
Requin-marteau halicorneSphyrna lewini![]() | 2.5–3.5 m (8–12 ft) | Faible | Au large et dans le passage de la Mona ; occasionnel sur les tombants profondsRequin-marteau grégaire des eaux profondes, encore débarqué par les palangriers malgré son inscription à la CITES. |
Petit requin-marteauSphyrna tiburo![]() | 0.9–1.2 m (3–4 ft) | Faible | Herbiers marins et baies peu profondes du nord-ouestUn petit requin-marteau à tête en forme de pelle qui mange des crabes et même des herbes marines. Inoffensif et craintif. |
Requin soyeuxCarcharhinus falciformis![]() | 2–3 m (7–10 ft) | Modéré | Haute mer au-delà du plateau ; banc d'Argent ; avec thons et dauphinsLe grand requin le plus commun au large et visiteur fréquent des liveaboards sur les bancs. Audacieux près d'un appât, pas des baigneurs. |
| Requin océaniqueCarcharhinus longimanus | 2–3 m (7–10 ft) | Élevé | Haute mer profonde : passage de la Mona, au nord du banc d'ArgentLe requin des naufrages et des catastrophes en haute mer, et l'espèce probablement en cause dans le cas du ferry de 1987. Jamais sur les plages. |
Requin sombreCarcharhinus obscurus![]() | 3–3.6 m (10–12 ft) | Modéré | Bord du plateau et au large, surtout côté atlantiqueUn grand requin côtier-pélagique à croissance lente, en danger dans tout l'Atlantique occidental. |
Requin de sableCarcharhinus plumbeus![]() | 1.8–2.4 m (6–8 ft) | Faible | Eaux du plateau et baies plus profondes sur les deux côtesHaute nageoire dorsale, orienté vers le fond et craintif. Les juvéniles utilisent les mêmes estuaires que les requins bouledogues. |
| Requin à nez pointu des AntillesRhizoprionodon porosus | 0.7–1 m (2.5–3.5 ft) | Faible | Eaux côtières peu profondes partout ; le principal <em>cazón</em> des marchésUn petit requin abondant que les pêcheurs débarquent par caisses. Trop petit pour blesser qui que ce soit. |
Requin-taupe bleuIsurus oxyrinchus![]() | 2–3 m (7–10 ft) | Modéré | Zones de pêche sportive au large de Punta Cana et de la côte nordChasseur pélagique rapide, capturé lors des sorties marlin et thon. En danger et désormais protégé au niveau national. |
Requin bleuPrionace glauca![]() | 2–3 m (7–10 ft) | Faible | Eaux atlantiques profondes au nord de l'île, surtout durant les mois les plus fraisUn pélagique d'eau froide en limite sud de son aire de répartition ; rare à l'intérieur de la mer des Caraïbes. |
Requin-renard à gros yeuxAlopias superciliosus![]() | 3–4 m (10–13 ft) queue comprise | Faible | Eaux océaniques profondes ; prise accessoire des palangresDes yeux énormes pour chasser le calmar en profondeur. Inoffensif et presque jamais vu vivant, sauf par les pêcheurs. |
Requin-renard communAlopias vulpinus![]() | 3–5 m (10–16 ft) queue comprise | Faible | Au large, surtout côté atlantique ; peu communAssomme les bancs de poissons avec sa queue en forme de faux. Un trophée de pêche sportive plus qu'une rencontre de plongée. |
Requin-baleineRhincodon typus![]() | 6–10 m ici (adultes jusqu'à plus de 12 m) | Faible | Observations occasionnelles le long de la côte sud-est et de la côte nordMangeur de plancton inoffensif ; quelques signalements par an, sans saison fiable. |
Grand requin blancCarcharodon carcharias![]() | 4–6 m (13–20 ft) | n. d. | Non recensé en République dominicaineRépertorié uniquement parce que c'est la question la plus posée. Aucun registre dominicain confirmé ; l'eau est trop chaude pour qu'il s'y attarde. |
Le grand requin blanc est la question que pose chaque visiteur, et la réponse est qu'aucun grand requin blanc n'a jamais été confirmé dans les eaux dominicaines. Des requins blancs marqués ont été suivis à travers les Bahamas et le golfe du Mexique en hiver, mais l'eau chaude au sud d'Hispaniola se situe hors de leur aire habituelle, et chaque “grand requin blanc” signalé par un touriste à Punta Cana s'est révélé être un requin bouledogue, tigre ou soyeux. Le requin océanique, bien réel ici, est la seule espèce du tableau qui mérite vraiment sa réputation, et seulement en haute mer, loin de toute plage.
Où voir des requins en République dominicaine
La République dominicaine n'est pas une destination de plongée avec requins comme les Bahamas, et personne n'y organise de plongées appâtées. Ce qu'elle offre, c'est une longue ligne de récif avec des requins nourrices résidents, quelques tombants extérieurs avec des requins de récif des Caraïbes, et des bancs au large où vivent les grands animaux. Voici les endroits où les observations sont les plus fiables.
- Bayahibe et le parc national CotubanamáLa principale zone de plongée du pays, sur la côte sud-est entre La Romana et l'île Saona. Des requins nourrices se reposent sous des surplombs sur presque tous les récifs, et des requins de récif des Caraïbes apparaissent sur les sites les plus profonds. Les lagunes de mangrove de Saona abritent des requins citrons juvéniles.
- Le tombant de l'île CatalinaUne petite île au large de La Romana, avec un mur vertical qui plonge de 12 m à bien plus de 100 m. La meilleure chance sur la côte sud d'apercevoir un requin de récif des Caraïbes longeant le tombant, avec des requins nourrices sur le plateau peu profond au-dessus.
- Le récif de Punta Cana et BávaroLa côte des complexes hôteliers. Requins nourrices et raies aigles vivent sur le récif à quelques centaines de mètres de la plage et constituent la cible des excursions de snorkeling ; un enclos océanique clôturé à Cap Cana héberge des requins nourrices pour des rencontres garanties. Les grands requins sont rares à l'intérieur du récif, et la blessure de 2016 à Bávaro reste le seul cas recensé sur cette côte.
- Cabo Cabrón et Las Galeras, SamanáLa pointe de la péninsule de Samaná, où un tombant plonge vers les eaux atlantiques profondes à distance de nage du rivage. Requins de récif des Caraïbes et, parfois, requins marteaux sur les sites profonds ; les baleines à bosse passent tout près de janvier à mars.
- Le banc d'Argent (Banco de la Plata)Un banc corallien à 100 km au nord de Puerto Plata, protégé depuis 1986 dans le cadre du sanctuaire des mammifères marins. Les liveaboards s'y rendent en hiver pour les baleines à bosse ; requins soyeux et tigres sont observés autour des bateaux et des têtes de corail peu profondes.
- Monte Cristi et les Cayos Siete HermanosLe coin aride du nord-ouest, avec le plus grand système de mangroves du pays et un chapelet de bas-fonds sableux. Une nurserie pour les requins citrons, à pointes noires et bouledogues, et l'endroit pour voir des requins à tête plate au-dessus des herbiers marins. Accessible en bateau depuis la ville de Monte Cristi.
- Le parc national sous-marin La CaletaLe premier parc sous-marin du pays, créé en 1986 juste à côté de l'aéroport de Saint-Domingue. L'épave du Hickory et le récif au-delà abritent des requins nourrices ; le décès de 2010 à Boca Chica recensé dans la base de données s'est produit à quelques kilomètres à l'est.
- La baie de Las Águilas et le parc national JaraguaLe sud-ouest reculé, proche de la frontière haïtienne, avec les récifs les moins pêchés du pays. Requins nourrices, requins de récif des Caraïbes et requins citrons sur le plateau peu profond, accessible en bateau depuis Cabo Rojo ou La Cueva.
Pour un premier requin, Bayahibe est le pari sûr : une matinée à deux bouteilles inclut presque toujours un requin nourrice, et le tombant de Catalina ajoute la possibilité d'un requin de récif. Pour les grands animaux, un liveaboard hivernal vers le banc d'Argent est la seule voie réaliste, et les requins n'y sont qu'un à-côté des baleines.
Meilleure période pour voir des requins en République dominicaine
La température de l'eau varie à peine, si bien que les saisons dépendent surtout du temps et de l'état de la mer plutôt que des déplacements des requins.
- De décembre à avril, la saison sèche : l'eau la plus fraîche de l'année, à 26–27 °C, peu de pluie et la meilleure visibilité sur la côte sud. Les alizés et la houle atlantique agitent la côte nord, c'est alors que la plongée à Samaná et Sosúa est le plus souvent annulée. Les baleines à bosse sont présentes sur le banc d'Argent et dans la baie de Samaná de mi-janvier à fin mars, et les liveaboards qui les suivent signalent des requins soyeux et tigres.
- De mai à juillet : la mer se réchauffe jusqu'à 28 °C, la côte nord se calme et les récifs de Samaná et Monte Cristi deviennent praticables. Les requins nourrices s'accouplent sur les récifs peu profonds au début de l'été, période où les amateurs de snorkeling à Bayahibe et Punta Cana les voient à découvert plutôt que sous des surplombs.
- D'août à novembre, la saison des ouragans : l'eau la plus chaude, à 28–29 °C, et la mer la plus calme entre deux tempêtes, avec une excellente visibilité sur les deux côtes. Le risque est qu'un ouragan ferme tout pendant une semaine ; septembre et octobre sont les mois les plus actifs.
- Requins-baleines : irréguliers. Quelques observations par an sont signalées le long de la côte sud-est et au large de la côte nord, sans saison fixe et sans aucun opérateur pouvant en garantir une.
Les requins du large, soyeux, taupe bleu et océanique, sont présents toute l'année dans le passage de la Mona et au-delà du plateau ; les bateaux de pêche sportive au départ de Punta Cana et Cabeza de Toro les rencontrent tous les mois.
Attaques de requins en République dominicaine : ce que montre réellement le registre
La République dominicaine accueille plus de dix millions de visiteurs par an, la plupart sur les plages, et son registre d'incidents tient sur un seul écran. Chaque cas figure sur la page attaques de requins en République dominicaine. La base de données recense sept incidents entre 1963 et 2016, dont deux mortels, et voici les six plus récents (la liste complète, mise à jour chaque semaine, se trouve sur la page des attaques) :
- 2016 · Bavaro Beach, Punta Cana, Altagracia ProvinceWading — Avulsion injury to lower legEspèce non identifiée · non mortel
- 2011 · Playa Jackson, Samaná ProvinceFishing — Severe injuries to left arm provoked incidentEspèce non identifiée · non mortel
- 2010 · Boca ChicaDiving — FatalEspèce non identifiée · mortel
- 1996 · Boeing 757 enroute from Porta Plata, 12 miles off the north coastBoeing 757 enroute from Porta Plata plunged into the sea — 106 bodies were recovered, some had been bitten by sharksEspèce non identifiée · non mortel
- 1987 · Mona Passage, Between DR and Puerto RicoVessel caught fire & capsized, survivors in the water — Of 160 people on board, >100 missingEspèce : 40 to 50 sharks attacked survivors in the water · non mortel
- 1969SurfingEspèce non identifiée · non mortel
À les lire un par un, un schéma se dessine. Deux entrées ne sont pas des attaques sur des baigneurs mais des catastrophes en mer. En octobre 1987, un navire transportant environ 160 personnes a pris feu et chaviré dans le passage de la Mona, et le registre note que 40 à 50 requins se sont approchés des survivants ; plus de 100 personnes n'ont jamais été retrouvées. En février 1996, le Boeing 757 de Birgenair, qui venait de décoller de Puerto Plata, s'est abîmé en mer à 12 miles de la côte nord avec 189 personnes à bord, et certains des 106 corps récupérés portaient des morsures. Aucun des deux cas n'est comptabilisé comme un décès par requin, car les morts n'ont pas pu être attribuées aux requins, mais tous deux montrent ce que font les espèces océaniques du passage de la Mona lorsque des personnes se retrouvent en eaux profondes.
Les deux entrées mortelles sont séparées d'un demi-siècle. En août 1963, deux jeunes hommes qui nageaient au port de Río Haina, à l'ouest de Saint-Domingue, ont été pris dans une mer agitée et attaqués par un groupe de requins ; un témoin a décrit l'un d'eux projeté dans les airs. En novembre 2010, un plongeur de 21 ans a été tué à Boca Chica, la station balnéaire à l'est de la capitale. Les trois autres cas sont mineurs ou incertains : un surfeur en 1969 sans lieu ni blessure consignés, un pêcheur de Playa Jackson, à Samaná, gravement blessé au bras en 2011, un incident que la base de données qualifie de provoqué, et une femme qui pataugeait à Bávaro Beach, à Punta Cana, en février 2016 et a perdu des tissus au bas de la jambe. Ce dernier cas est le seul enregistré sur la côte des complexes hôteliers en plus de cinquante ans de tourisme de masse. Les conseils habituels couvrent tout cela : nager à l'intérieur du récif de jour, éviter les embouchures des rivières, les bateaux de pêche et les postes de nettoyage du poisson, et ne jamais nager en haute mer au-delà du plateau.
Est-il sûr de nager et de faire du snorkeling en République dominicaine ?
Sur les plages des complexes hôteliers, oui. Punta Cana, Bávaro, Bayahibe, Juan Dolio et Boca Chica se trouvent toutes à l'intérieur d'un récif ou d'une digue naturelle, dans des eaux peu profondes, sableuses et constamment fréquentées par des milliers de personnes. Les requins nourrices qui vivent sur ces récifs sont des animaux de fond suceurs à petite bouche ; ils ne mordent que lorsqu'on les attrape, les acculent ou les nourrit à la main, et même alors la blessure ressemble à une prise plutôt qu'à une lacération. Chaque morsure de requin nourrice recensée dans les Caraïbes impliquait quelqu'un ayant d'abord touché l'animal, et les guides de snorkeling dominicains conseillent désormais aux visiteurs de s'en abstenir.
Les requins de récif des Caraïbes sur les tombants extérieurs sont prudents et restent près du tombant. Si l'un d'eux s'approche d'un plongeur, c'est en général par curiosité pour une caméra ou un poisson harponné ; restez droit, gardez-le en vue et il s'éloignera. Les requins à pointes noires et citrons dans les hauts-fonds sont plus nerveux que vous. Les animaux à respecter sont le requin bouledogue, qui fréquente les embouchures des rivières et les eaux troubles au large de Saint-Domingue, Haina et le Yaque del Norte, ainsi que le requin-tigre et le requin océanique, qui vivent au large. Cela se traduit par trois règles pratiques : ne pas nager près des embouchures de rivières ni dans une eau brune après la pluie, ne pas nager au crépuscule ni la nuit, et ne pas nager depuis des bateaux en eaux profondes au large de la côte nord ou dans le passage de la Mona.
Les véritables dangers des plages dominicaines sont ceux que les maîtres-nageurs gèrent chaque semaine : les baïnes sur les plages exposées de la côte nord à Cabarete et Playa Grande, la circulation des bateaux dans les zones de baignade, les coups de soleil et quelques proliférations occasionnelles de méduses. Les oursins sur les platiers récifaux blessent plus de monde en une saison que les requins en soixante ans.
Conservation des requins en République dominicaine
La République dominicaine a agi plus tôt que la plupart des pays des Caraïbes. En 2017, le ministère de l'Environnement et des Ressources naturelles a émis une résolution interdisant la capture, la détention, la vente et le commerce des requins et des raies dans les eaux dominicaines, faisant de chaque espèce de cette page un animal protégé sur le papier. Cela s'appuie sur une longue histoire de parcs marins : Cotubanamá (anciennement Parque Nacional del Este) protège les récifs de Bayahibe et de Saona depuis 1975, Jaragua protège le sud-ouest depuis 1983, La Caleta est devenu le premier parc national sous-marin en 1986, et les bancs d'Argent et de la Navidad ont été déclarés sanctuaire des baleines à bosse la même année, puis étendus à la baie de Samaná en 1996. Le pays a également inscrit les requins marteaux, océaniques et soyeux à la CITES avec le reste de la région, ce qui réglemente l'exportation des ailerons.
L'application de la loi reste le point faible. La flotte artisanale est importante, des filets maillants tendus dans les chenaux de mangrove capturent encore des requins citrons, à pointes noires et bouledogues juvéniles, des palangriers travaillant dans le passage de la Mona débarquent encore des requins soyeux et marteaux sous le nom de cazón, et du côté haïtien de l'île, la pression de pêche est bien plus forte. Le défrichement des mangroves pour les complexes hôteliers le long de la côte est supprime les nurseries dont dépendent les espèces côtières, le poisson-lion invasif a modifié le réseau trophique du récif depuis son arrivée en 2008, et les dégâts des ouragans ainsi que le blanchissement des coraux ont éclairci les récifs qui nourrissent tout le reste. Les signes positifs sont réels : les requins nourrices sont aussi abondants qu'ils ne l'ont été depuis des décennies sur les récifs protégés de Bayahibe, les requins de récif des Caraïbes réapparaissent sur des tombants où ils avaient disparu, et les opérateurs de plongée signalent désormais leurs observations à des programmes nationaux de suivi. Notre guide sur pourquoi les requins sont en danger présente le tableau régional.
Requins dans les eaux voisines
La République dominicaine partage Hispaniola avec Haïti, dont les eaux abritent les mêmes espèces sous une pression de pêche bien plus forte. De l'autre côté du passage de la Mona, Porto Rico a les mêmes requins du large et une liste d'incidents plus longue ; Cuba, à l'ouest, possède les récifs les mieux protégés des Caraïbes aux Jardines de la Reina, où abondent requins de récif des Caraïbes et requins soyeux ; et la Jamaïque se trouve au sud-ouest, de l'autre côté du canal de Jamaïque. Au nord, les Bahamas sont la capitale régionale de la plongée avec requins et un sanctuaire depuis 2011, et les îles Vierges américaines prolongent la chaîne des Antilles plus à l'est. Les autres pays figurent dans notre index requins à travers le monde.
Questions fréquentes
Y a-t-il des requins en République dominicaine ?
Oui. Dix-neuf espèces sont solidement recensées autour de l'île. Les requins nourrices vivent sur tous les récifs et sont ceux que rencontrent les amateurs de snorkeling, les requins de récif des Caraïbes patrouillent les tombants extérieurs, les requins à pointes noires et citrons utilisent les hauts-fonds et les mangroves, les requins bouledogues vivent près des embouchures des rivières, et les requins soyeux, tigres et marteaux restent en eaux profondes au large.
Y a-t-il des requins à Punta Cana ?
Oui, surtout des requins nourrices et des raies aigles sur le récif qui longe la plage de Bávaro à quelques centaines de mètres, ce qui explique pourquoi les excursions de snorkeling s'y rendent. Le récif tient les grands requins à l'écart de la zone de baignade. Le seul incident recensé sur cette côte est une blessure à la jambe subie par une femme qui pataugeait à Bávaro en février 2016.
Y a-t-il eu des attaques de requins en République dominicaine ?
Rarement. La base de données de SharkSider recense sept incidents de 1963 à 2016, dont deux mortels : deux baigneurs au port de Haina en 1963 et un plongeur à Boca Chica en 2010. Deux autres entrées sont l'incendie du ferry de 1987 dans le passage de la Mona et le crash de Birgenair de 1996, où des requins ont atteint des personnes déjà dans l'eau. Le dernier cas remonte à 2016.
Est-il sûr de nager en République dominicaine ?
Oui. Les plages des complexes hôteliers de Punta Cana, Bayahibe, Juan Dolio et Boca Chica se trouvent toutes à l'intérieur de récifs ou de digues, et aucun baigneur n'y a jamais été tué par un requin. Restez à l'intérieur du récif, évitez les embouchures des rivières et l'eau trouble après la pluie, ne nagez pas au crépuscule, et ne nagez jamais depuis des bateaux en eaux profondes au large de la côte nord.
Y a-t-il des grands requins blancs en République dominicaine ?
Non. Aucun grand requin blanc confirmé n'a jamais été documenté dans les eaux dominicaines. Des requins blancs marqués atteignent les Bahamas et le golfe du Mexique en hiver, mais la mer chaude autour d'Hispaniola se situe hors de leur aire habituelle. Les signalements de touristes se sont toujours révélés être des requins bouledogues, tigres ou soyeux.
Y a-t-il des requins bouledogues en République dominicaine ?
Oui. Les requins bouledogues fréquentent les embouchures des rivières Haina, Ozama et Yaque del Norte, la baie de Samaná et les lagunes de mangrove de Monte Cristi, et tolèrent l'eau saumâtre. Ils sont la raison d'éviter de nager près des embouchures de rivières ou dans une eau brune après de fortes pluies, en particulier près de Saint-Domingue.
Peut-on nager avec des requins en République dominicaine ?
Oui, avec des requins nourrices. Les excursions de snorkeling depuis Punta Cana et Bayahibe visitent des récifs où se reposent requins nourrices et raies, et un enclos océanique clôturé à Cap Cana offre des rencontres garanties. Les plongeurs voient des requins de récif des Caraïbes sur les tombants de Catalina et Cabo Cabrón. Personne n'organise de plongées appâtées pour les grands requins dans le pays.
Quel est le requin le plus commun en République dominicaine ?
Le requin nourrice, le tiburón gata, qui se repose sous des surplombs sur les récifs des deux côtes et que rencontrent presque tous les amateurs de snorkeling et les plongeurs. Sur les marchés aux poissons, le requin à nez pointu des Antilles, vendu comme cazón, est l'espèce la plus débarquée, et au large, le requin soyeux est le grand requin le plus fréquemment observé.
Quelle est la meilleure période pour voir des requins en République dominicaine ?
De décembre à avril pour la plongée la plus calme sur la côte sud et les liveaboards vers le banc d'Argent, lorsque des requins soyeux et tigres sont observés autour des baleines à bosse. De mai à juillet, les requins nourrices sont les plus actifs sur les récifs peu profonds et la côte nord se calme. L'eau reste entre 26 et 29 °C toute l'année, si bien que les requins de récif ne partent jamais.
La pêche au requin est-elle légale en République dominicaine ?
Non. Une résolution de 2017 du ministère de l'Environnement a interdit la capture, la détention, la vente et le commerce des requins et des raies dans les eaux dominicaines, et les requins marteaux, soyeux et océaniques sont également inscrits à la CITES. L'application est inégale, et de petits requins apparaissent encore sur les marchés sous le nom de cazón, mais la pêche ciblée des requins est interdite.
Sources

Une petite équipe consacrée à la recherche sur les requins et à rendre la biologie marine facile à comprendre. Chaque page est vérifiée à partir des données actuelles sur les espèces et de la base de données des attaques de SharkSider, et mise à jour dès l'apparition de nouveaux incidents ou de nouvelles recherches.
Publié le 13 décembre 2022 · Dernière mise à jour le 21 septembre 2026 · Données d'incidents issues de la base d'attaques SharkSider (7 enregistrements pour la République dominicaine, dont 2 mortels).
























